Il y a des instants qui ne paient pas de mine, et qui pourtant, si on prend le temps de les regarder, racontent toute la vitesse à laquelle nos enfants grandissent. Je crois qu'à chaque âge, il en existe un : un petit rien qui nous rappelle, d'un coup, où l'on en est.
La première nuit complète d'un bébé
Il y a d'abord cette nuit-là, celle qu'on n'attendait plus vraiment : le bébé qui dort d'une traite, pour la première fois. On se réveille en sursaut, presque inquiets du silence, on se précipite pour vérifier - et on le trouve juste là, paisible, en train de dormir comme un grand.
Le soulagement est immense. Et pourtant, au milieu de ce soulagement, il y a aussi quelque chose de plus doux-amer : la première nuit complète, c'est aussi la fin d'une étape. Celle du tout-petit qui avait encore besoin de nous, en pleine nuit, pour se rassurer. On est heureux, et un peu nostalgique en même temps. C'est exactement ce mélange-là qui mérite qu'on s'y attarde. (si ce cap n'est pas encore passé chez vous, mpedia.fr détaille plusieurs pistes pour aider bébé à faire ses nuits).

Une chaussure qu'on apprend à enfiler seul
Il y a ensuite ces matins de tourbillon, où tout va vite - le café qu'on n'a pas le temps de boire chaud, l'horloge qu'on regarde sans arrêt. Et au milieu de cette agitation, un enfant assis par terre dans l'entrée, concentré, qui recommence encore et encore à enfiler sa chaussure tout seul.
Il ignore qu'on est pressés. Il prend simplement le temps qu'il lui faut.
Je pourrais le faire à sa place, gagner deux minutes sur le chrono du matin. Mais ces deux minutes-là, un jour, je ne les aurai plus : un jour il saura le faire sans même y penser, et j'aurai oublié qu'il fut un temps où chaque lacet était une petite victoire.
Un costume-cravate, et un petit garçon qui a disparu
Et puis il y a ce moment que toutes les familles avec des adolescents connaissent, sous une forme ou une autre. Pour moi, ce fut un costume. Une grande occasion, où mon fils aîné a enfilé, pour la première fois, un costume avec une cravate.
Je l'ai regardé se préparer, ajuster son col, et j'ai eu le sentiment très net qu'en un battement de cils, le petit garçon avait disparu pour laisser place à un jeune homme. Je me suis surprise à me demander : mais quand est-ce arrivé ? À quel moment exactement a-t-il grandi aussi vite, sans que je m'en rende compte ?
Ce sont ces instants-là - un vêtement, une posture, une manière de se tenir - qui révèlent d'un coup tout le chemin parcouru, alors qu'on avait l'impression de n'avoir rien vu passer.

Regarder, à tout âge
Bébé qui dort enfin toute la nuit, enfant qui s'habille seul, adolescent qui enfile un costume : ce sont trois âges, trois scènes très différentes, et pourtant le même sentiment, à chaque fois. Cette drôle de sensation d'être à la fois fiers et un peu nostalgiques, heureux de les voir avancer et bouleversés de constater à quelle vitesse le temps a filé.
C'est exactement pour cela qu'il me semble essentiel de prendre le temps de les regarder, de les observer vraiment, de remarquer ce qui change - même quand ce changement semble minuscule sur le moment. Parce que c'est précisément dans ces détails-là, ceux qu'on manque de rater en courant - comme celui de la rentrée- que se niche tout ce qu'on voudrait un jour pouvoir se rappeler.
Alors, dites-moi : à quel moment avez-vous, vous aussi, pris conscience que vos enfants avaient grandi ?

